La rentabilité du bien-être ?

3 Avr 2018

Depuis plus de 10 ans, les entreprises de la Silicon Valley autour de San Francisco rivalisent pour séduire et garder les meilleurs développeurs qui viennent du monde entier pour intégrer Google, Apple, AIRBNB, et autres starts up devenues multinationales. Des rémunérations qui flambent, des stocks options, tout l’arsenal financier est déployé pour être le plus offrant.
Mais cela va bien au-delà de ça aujourd’hui : des massages assis offerts pour éliminer les tensions, 100 dollars par mois pour des activités sport et bien-être, des frigos pleins en permanence, petits déjeuners, déjeuners, paniers de fruits et autres distributeurs de boissons à disposition et à volonté, télé travail, sofa, salle de sport, babyfoot, terrasse, jardin japonais, et même une piscine à boules géante pour rire entre collègues chez Google : il n’y a aucune limite à la créativité du Bonheur au travail !
Et cela arrive en France, Danone et L’Oréal par exemple ont investi sur la déco, espace de silence et salle de créativité (avec jeu de fléchettes et babyfoot, moquette gazon où l’on est prié de se déchausser et de s’assoir à même le sol) et facilitent grandement le télé-travail de leurs employés.
« L’objectif : créer un esprit d’ouverture, de confiance, de collaboration et de convivialité », explique Marc Benoit, directeur des ressources humaines de Danone.  
L’entreprise deviendrait-elle philanthrope, humaniste ? Pas du tout, enfin pas seulement !
On savait déjà que le mal-être au travail avait un coût : notamment 16,6 jours d’absentéisme en moyenne par an en France, turn-over, … Aujourd’hui on découvre que les salariés heureux sont plus « rentables » : deux fois moins malades, six fois moins absents, neuf fois plus loyaux, 31% plus productifs et 55% plus créatifs » (études américaines du MIT et de Harvard).
Redessiner l’espace doit être accompagné d’une modification des pratiques managériales : rien ne sert d’avoir une salle de repos si personne n’ose y mettre les pieds !
Chez Kiabi, l’équipe RH, rebaptisée Happy Team, se soucie non seulement du bien-être physique mais également psychique de ses 8700 « collabor’acteurs ». « Après avoir coconstruit la vision de l’entreprise, nous veillons à ce que chacun prenne des initiatives », explique Marianne Maton, membre de la Happy Team. Au siège de l’entreprise, l’ouverture des plateaux ou la reconversion d’une salle de réunion en salle de repos s’opèrent en même temps que la transformation du comité de direction en « équipe projet », avec l’idée de faire décider les équipes plutôt que de dicter la stratégie. Etre traité en adulte, c’est au fond ce à quoi aspire la majorité des salariés.