Les aidants familiaux

23 Avr 2018

11 millions d’aidants familiaux en France, cela correspond à 17% des salariés dans les entreprises françaises.

Que faire pour ces héros ordinaires, qui viennent en aide à une personne dépendante dans leur entourage, en situation de handicap ou en perte d’autonomie, en plus de leur activité professionnelle ?

Cette aide peut prendre différentes formes (toilette, ménage, démarches administratives, …) quotidiennes ou plus espacées, mais il s’agit toujours d’une activité qui remplit de façon importante l’emploi du temps du collaborateur et génère des contraintes et du stress. La fatigue de ces collaborateurs et parfois leur manque de disponibilité peuvent avoir un impact professionnel.

A l’heure où nous parlons de Qualité de Vie au Travail, d’équilibre vie pro/vie perso, de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise et même de Bonheur au travail, l’employeur peut avoir un rôle à jouer !

Par exemple :

  • Communiquer sur le statut d’aidant familial et les droits qui y sont associés, car beaucoup de collaborateurs ignorent même qu’ils entrent dans le cadre de ce statut
  • Donner les informations nécessaires sur le cadre juridique, les aides ou les contacts utiles
  • Faciliter le temps partiel, le télétravail ou la flexibilité dans les horaires de travail
  • Proposer un accompagnement ou une écoute adaptée par des psychologues spécialisés
  • Financer des CESU
  • Donner des congés supplémentaires sous conditions

La loi bouge sur ce thème :

  • La loi du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement (ASV) apporte une innovation essentielle par la création d’un droit au répit pour les proches aidants des personnes âgées en perte d’autonomie, financé dans le cadre du dispositif de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA).
  • Le 1er janvier 2017, le congé du proche aidant est entré en vigueur. Le problème, c’est qu’il est non rémunéré.
  • La loi du 13 février 2018 a créé un dispositif de don de jours de repos non pris au bénéfice des proches aidants.

Certaines entreprises ont devancé la loi en créant des congés « aidants » rémunérés par l’entreprise après validation de la situation par le service social. Suite à la loi de 2018, on peut aussi imaginer un système d’abondement en jours par l’entreprise.

La démarche de ces entreprises est certes bienveillante mais, comme toute mesure en faveur du bien-être au travail, elle vise essentiellement l’efficacité et la rentabilité : un salarié aidant que l’entreprise n’accompagne pas est un salarié fatigué : retards ou départs mal anticipés, absentéisme, difficultés à se concentrer, fatigue, stress …. Cet absentéisme lié à la situation d’aidant a un coût pour les entreprises qui est estimé à 6 milliards d’euros par an.

 

Au-delà, de l’entreprise, le sujet des aidants familiaux est un sujet de société. Nous pouvons tous être concernés par la perte d’autonomie, le handicap, l’accident ou la maladie d’un proche, de manière durable ou définitive, progressivement ou brutalement…

La prise en compte de ces situations, et la mise en place des dispositifs d’information et d’accompagnement pour les salariés aidants permettra une meilleure reconnaissance de leur statut. Ce qui constitue le premier pas vers le bien être de tous ces héros ordinaires !

Source : Mode(s) d’emploi du 12 avril 2018